Perpignan - Pyrénées OrientalesVignerons indépendants : le vin au coeur d'une culture locale
Bien que la coopération viticole soit très largement implantée en Languedoc-Roussillon, l'activité des vignerons indépendants dans les Pyrénées-orientales concerne tout de même 30 % du marché.Soit environ 380 exploitants pour 9 000 hectares cultivés et 260 000 hectos commercialisés (la surface viticole du département étant de 28 327 hectares pour environ 900 000 hectolitres). Pour Hervé Passama, président des vignerons indépendants, si ceux qui s'installent en cave particulière sont de plus en plus nombreux, c'est qu'ils veulent étayer leur démarche commerciale avec une notion de terroir et quelquefois enclencher une diversification par le biais du tourisme rural.
" La charge de travail est importante car il faut maîtriser ce métier de la production à la commercialisation. Et nous tentons d'évoluer vers plus de valorisation, avec davantage de vin conditionné pour optimiser la vente au détail ou à distance, et des options telles que l'hébergement ou l'accueil à la ferme. Mais malgré tous ces efforts et considérant les cours désastreux du vin, force est de constater que 95 % de nos vignerons indépendants connaissent d'importantes difficultés. Pour rémunérer le travail de la vigne, nous sommes à 5 000 euros par hectare avec une moyenne départementale de 40 à 50 hectos. Il faudrait 100 euros par hecto pour passer et nous n'y arrivons pas. Je ne sais pas comment nous pourrons nous contenter longtemps de ces prix de marché. Il faudrait que nos opérateurs au niveau régional soient plus offensifs lorsqu'il s'agit de tirer les cours vers le haut. Mais malgré cette conjoncture, nous devons croire en l'avenir de nos productions. C'est de toute évidence ce qu'ont compris certains investisseurs qui s'installent en Roussillon, avec des moyens non négligeables pour cultiver la vigne et surtout pour commercialiser leur vin."
Loin de toute approche industrielle
Dans le même état d'esprit, pour Pascal et Fabienne Rossignol, installés sur 20 hectares de vigne à Passa, le vigneron indépendant est pleinement responsable de ce qu'il produit. Il est dans nos sociétés modernes l'exemple même du concept de traçabillité. "En ce qui nous concerne, nous avons planté des vignes sur les Hautes Aspres à 400 mètres d'altitude, sur des schistes en terrasse, pour mieux répondre à cette exigence de terroir. Avec en prime une grande diversité de produits à élaborer, ce qui nous interdit toute approche industrielle. Il s'agit d'une démarche où il faut répondre aux attentes du consommateur par rapport à un environnement, comme l'ont compris d'autres vignerons dans d'autres régions viticoles telles que l'Alsace ou la Toscane.
Des régions où les collectivités territoriales placent le vin au centre d'une culture locale, avec toute la communication qu'exige ce type de soutien. Ici nous devons travailler notre image. Nous avons des atouts, notamment avec les vins doux naturels, quand c'est bien souvent avec ce genre de produit que l'on peut aborder la restauration au plan national. Nous avons un département que tout le monde nous envie, préservons-le face aux grands projets d'urbanisme et mettons en place un itinéraire viticole digne de ce nom avant qu'il ne soit trop tard, avant que la viticulture ne soit plus suffisamment représentative, comme elle l'est sans ambiguïté dans la plupart des grandes régions viticoles".
Jean-Paul Pelras

Balade dans la vigne : journal d'une vigneronne
Cordier vins : les vins de France
Eldorad'oc : balades, vins, découvertes et environnement
Librairie cave à vins l le flot des mots
La révolte vigneronne par Jean Clavel