Chusclan - GardJean-Philippe Chinieu plonge dans le grand bain du vin
Il est tombé dedans quand il était tout petit. Ses parents, ses grands-parents... et même au-dessus dans l'arbre généalogique des Chinieu, beaucoup ont vécu du vin. Autant dire que le petit Jean-Philippe a traîné ses culottes courtes entre les pieds de vigne pendant longtemps.Ces vendanges 2008 ont pourtant un goût particulier pour lui. A 24 ans, ce sont ses raisins à lui qu'il rentre dans les cuves de la cave de Chusclan. Après une formation spécifique - Bepa et Bac pro viticulture -, et des stages en Australie et en Alsace, il gère désormais ses propres parcelles, héritées de sa grand-mère selon le principe de fermage.
A l'heure où le monde viticole évoque la crise, lui, n'a donc pas hésité à plonger dans ce grand bain du vin. Enfin un peu... Mais pas bien longtemps. « Ailleurs, je n'aurais peut-être pas franchi le pas, concède Jean-Philippe Chinieu. Mais la politique menée par la cave de Chusclan, depuis sa fusion avec celle de Laudun, m'a rendu résolument optimiste. » C'est par exemple la traçabilité mise en place par le président Claude Rivier et ses équipes qui ont su convaincre Jean-Philippe de rentrer dans le métier. De la taille de la vigne à la bouteille, les viticulteurs suivent le parcours de leur raisin. « Cela n'est pas sans contrainte, puisque cela impose des méthodes de travail très précises, afin de rentrer dans un cahier des charges. Mais cela garantit une qualité et une image », estime le jeune viticulteur.
Également satisfait par le travail, "après", pour vendre le vin. « Le regroupement des caves a aussi permis d'avoir une équipe commerciale plus dynamique et plus efficace. Notre vin se vend bien. » Aussi, malgré ce mauvais vent qui souffle la crise sur les vignes de France, Jean-Philippe Chinieu se dit optimiste, quant à la suite de sa carrière. « Très optimiste », même. « Tout le monde avance dans le même sens, avec l'envie de travailler. » Le jeune viticulteur a donc choyé ses 30 ha de vignes, réparties sur deux exploitations, avec passion. Les heures, il ne les compte pas. « Je savais ce qui m'attendait. Je ne pensais pas, par contre, que le travail administratif serait aussi contraignant », dit-il. Mais il passe outre, quand il se promène dans ses vignes.
Expliquant ici, la hauteur des feuilles, ou là, l'acidité du grain de raisin. Il prend visiblement beaucoup de plaisir à faire découvrir le domaine familial de la Noria que ses parents ont produit avec soins, au fil des cuvées. « Environ 70 % de l'exploitation produit du côtes-du-rhône village haut de gamme », explique-t-il.Il est évidemment impatient d'ouvrir sa première bouteille. D'autant que malgré les conditions difficiles, entre pluies et mildiou - il a effectué huit traitements au cours de l'année -, son millésime 2008 ne devrait pas être mauvais, loin de là. « C'est une année vigneronne», confirme-t-il. «Ceux qui ont travaillé devraient s'en sortir. » Et pour sa première année, inutile de dire que Jean-Philippe Chinieu n'a pas rechigné à la tâche.
Parcours
Après sa formation, Jean-Philippe Chinieu a effectué deux stages en Alsace et en Australie. Si le premier lui a permis de découvrir une autre variété de vin français, le second fut une immersion dans un autre monde... Dans tous les sens du terme. « Là-bas, il n'y a pas de règles précises, explique-t-il. Les viticulteurs peuvent ajouter ce qu'ils veulent dans leur vin. Du sucre ou de l'acide, pour le rendre plus doux ou plus fort... Cela semble plus facile de travailler la vigne là-bas. Mais c'était intéressant de découvrir ses nouveaux pays du vin ».Jean-Philippe Chinieu est conscient que face à la crise, il faut savoir anticiper et se lancer dans la diversification. Au domaine de la Noria, ses parents ont justement lancé une activité de tourisme viticole. Dans un corps de ferme et une grande maison vigneronne entièrement rénovés, deux chambres d'hôtes accueillent le public. En période de vendanges, Françoise et Jacques Chinieu proposent de participer à la vendange manuelle, de découvrir fonctionnement d'une machine à vendanger, de visiter la cave de vinification, etc. Une formule que Jean-Philippe continuera de développer à long terme.

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