Le traitement de l'insuffisance rénale
Une fois qu’elle est dépistée, on peut ralentir ou stopper l’évolution d’une maladie rénale. Il est impératif de protéger les reins déjà altérés, pour éviter l’évolution de la maladie rénale vers l’insuffisance rénale chronique. Des mesures thérapeutiques simples, accessibles à tout médecin, ont démontré leur efficacité pour prévenir la dégradation de la fonction rénale :- Contrôler la tension artérielle,
- Prendre en charge les autres facteurs de risques cardiovasculaires (tabac, surpoids, hypercholestérolémie, sédentarité, etc.),
- Contrôler la protéinurie si elle existe,
- Traiter le retentissement de l’IRC : prescription d'érythropoïétine pour contrôler l’anémie, de vitamine D et chélateurs du phosphore pour limiter l'apparition des troubles phosphocalciques.
Plusieurs outils sont à la disposition des médecins, notamment certaines classes de médicaments antihypertenseurs qui ont en plus la propriété de protéger les reins, et la mise en place de règles hygiéno-diététiques.
La dialyse : une prison sans barreau
La dialyse consiste à épurer le sang des déchets toxiques et de l'eau retenue en excès du fait de l'arrêt du fonctionnement des reins.
Il existe deux techniques de dialyse, toutes deux très contraignantes :
a. L’hémodialyse
Elle permet l'épuration d'une grande quantité de sang (50 à 60 litres par séance), ce qui nécessite la création d’un "accès vasculaire", le plus souvent une fistule artério-veineuse, qui permet d’augmenter le débit et le calibre d’une veine du bras en la connectant à une artère, afin de pouvoir la piquer à chaque séance par deux aiguilles de dialyse.
Les patients dialysés doivent se rendre trois fois par semaine dans un service d'hémodialyse, pour y subir des séances de 4 à 6 heures, durant lesquelles leur sang est débarrassé des toxines et de l'eau en excès par une machine de dialyse.
L’hémodialyse est un traitement physiquement éprouvant, puisqu’en quelques heures elle reproduit la fonction d’épuration que les reins auraient dû remplir en deux jours entiers.
Les malades ayant subi un traitement mal adapté ou une épuration trop rapide peuvent être épuisés à l’issue de ces séances, et avoir à faire face à des effets secondaires tels que des malaises, dus à une hypotension, ou des crampes en rapport avec une perte d’eau et de sodium trop importante.
b. La dialyse péritonéale
Cette technique concerne environ une personne dialysée sur dix. Elle utilise les capacités de filtration du péritoine (membrane qui enveloppe l'intérieur de la cavité abdominale et le tube digestif).
Trois à quatre fois par jour, on ajoute et on soustrait un liquide de dialyse de l'abdomen du malade, par l'intermédiaire d'un cathéter placé par voie chirurgicale (dialyse péritonéale continue ambulatoire = DPCA). Ces échanges peuvent aussi être effectués par une machine, toutes les nuits (dialyse péritonéale automatisée = DPA). Cette technique est plus douce, mais les patients doivent prendre beaucoup de précautions pour assurer la stérilité du cathéter car les risques de péritonite sont importants.
La dialyse péritonéale est réalisée à domicile par le patient lui-même ou un membre de sa famille, parfois avec l’aide d’une infirmière.
c. Dialyse : la survie au prix fort…
Les anomalies cliniques et biologiques liées au non fonctionnement des reins sont imparfaitement corrigées par la dialyse et l’état général des malades reste altéré…
Les reins des personnes atteintes d’insuffisance rénale ne produisent pas l’érythropoïétine, indispensable à la fabrication des globules rouges par la moelle osseuse, ce qui entraîne une anémie importante et une fatigabilité extrême, contre lesquelles l’injection régulière d’une version synthétique de cette hormone leur permet de lutter.
Certaines substances contenues dans les aliments, et dont le surplus est normalement éliminé par les reins, peuvent s'accumuler dans l'organisme et mettre en danger la vie des malades entre deux séances de dialyse. C’est le cas, par exemple, du potassium et du phosphore. C’est pourquoi l’alimentation des patients est très contrôlée. De nombreux produits sont interdits ou limités en quantité (légumes et fruits secs ou le chocolat pour le potassium ; les produits laitiers, les poissons, les crustacés pour le phosphore etc.).
Lorsque les reins ne fonctionnent plus, les malades cessent d’uriner. Les liquides absorbés ne sont plus éliminés et s’accumulent dans l’organisme. Ils peuvent provoquer des œdèmes, voire un œdème aigu du poumon. Les apports en boisson doivent être drastiquement réduits et les malades sont contraints à lutter au quotidien contre la sensation de soif.
L’espoir d’une greffe
La transplantation rénale est aujourd’hui reconnue comme le meilleur traitement de l’insuffisance rénale terminale. Elle offre aux malades la plus longue espérance de vie et la meilleure qualité de vie.
En effet, seule une transplantation rénale réussie permet à ceux qui peuvent en bénéficier de retrouver une vie presque normale.
Mais la pénurie d’organes en France est telle que les patients doivent souvent attendre de longues années en dialyse, alors que leur santé se dégrade, avant de pouvoir bénéficier d’une greffe. 6.491 malades attendaient une greffe de rein France au 31 décembre 2007. Seulement 2.911 greffes rénales ont été réalisées en 2007, dont 234 (8 %) grâce au don d’un rein d’une personne vivante et en bonne santé.
La greffe représente pour les malades une véritable renaissance, mais n’est pas pour autant synonyme de guérison. D’autre part, un traitement médicamenteux lourd, porteur d’effets secondaires, doit être suivi à vie. Il ne faut pas non plus occulter le fait qu’après l’euphorie des premiers mois ou années de transplantation, les effets secondaires des traitements immunosuppresseurs, parfois sévères, la nécessité d’une surveillance assidue, la préoccupation, voire l’angoisse grandissante d’une perte du greffon, peuvent influer négativement sur la qualité de vie.
Il faut bien avoir conscience que tous les malades ne peuvent pas être inscrits sur une liste d’attente de greffe du fait des pathologies associées à leur insuffisance rénale ou de leur âge ; moins d’un tiers des malades dialysés est inscrit sur les listes d’attente de greffe rénale.
