AgricultureLes terres du Midi passent massivement au bio
Mercredi s’est tenue à SupAgro Montpellier, la seconde conférence sur l’agriculture bio. Objectif pour 2012, atteindre les 6 % des territoires agricoles. Et 20 % pour 2020. Le ministère de l’Agriculture a été clair en lançant son plan de développement des cultures biologiques. Mercredi à SupAgro Montpellier, lors de la seconde conférence régionale de l’agriculture bio, les intervenants ont souligné les bons résultats du Languedoc-Roussillon en la matière.
La région se classe deuxième en surface agricole utile biologiques (5 %), loin derrière Paca certes proche des 8 %, mais bien devant Rhône-Alpes qui atteint à peine les 4 %. Côté filières, les viticulteurs tiennent le haut du pavé, puisque le Languedoc- Roussillon est le premier vignoble bio de France : il représente
30 % des surfaces nationales ; plus de 2 200 hectares ont été convertis cette année, soit une progression de 26 %. La dynamique est lancée. Il faut à présent l’accompagner, se structurer au mieux. On compte une moyenne annuelle de 249 dossiers de demandes de conversion au bio. Culture intéressante à plus d’un titre : outre ses qualités environnementales, sanitaires, les procédés doux employés, elle est une alternative à la pérennité des territoires agricoles.
« C’est la crise, rappelle Bernard Kimmel, président d’Elan Bio, association des entreprises agroalimentaires biologiques régionales. Le haut de gamme connaît des difficultés. A l’inverse, le bio ne cesse de progresser, alors que les produits sont dits chers. Il correspond à une prise de conscience des consommateurs, un changement des mentalités ».
Justement, ce virage-là, la cave coopérative des vignerons d’Héraclès, à Vergèze dans le Gard, l’a pris en 1994. « La maison Perrier, pas loin de nous, nous a mis le pied à l’étrier », témoigne Jean-Fred Coste, président de la structure qui regroupe 80 producteurs , dont 20 sont en bio. « Leurs eaux étaient touchées par les désherbants. Ils nous ont alertés sur l’emploi de ces produits en "zyme", polluant pour les nappes phréatiques ». Un petit tour par Creissan, en terres biterroises, pour observer le passage en bio des vignerons, et la cave coopé de Vergèze s’est laissée convaincre. « L’argument économique n’existait pas à l’époque. C’était un frein à cause des coûts de production supplémentaires, puisque la période de conversion est estimée à 36 mois ».
La première cuvée sort en 1997. Un succès. De fil en aiguille, l’équilibre s’installe. « On se bat pour faire comprendre que le bio protège les sols et les eaux », insiste Jean-Fred Coste. Un message qu’il espère avoir fait passer au plus large auditoire.
Patricia GUIPPONI
Bi-eau signée : La veille, l’agence de l’eau, l’Etat, la Région et les partenaires agricoles ont signé la convention Bi-eau pour développer l’agriculture bio là où les ressources en eaux sont dégradées par les pesticides. Notre région, avec ses nombreuses masses d’eau impactées par les pollutions diffuse, est prioritaire. Plus de 8 % de la population du Bassin Rhône-Méditerranée reçoit une eau non conforme en teneur pesticide ou nitrates. Bi-Eau entend réduire de moitié l’usage de pesticides, restaurer la qualité de l’eau.