108 millions d’euros : c’est le prix à payer pour le retard pris dans la construction de la ligne TGV entre Perpignan et Barcelone. Cette indemnité conséquente a été actée officiellement la semaine dernière à Madrid lors du conseil des ministres espagnol. Elle sera versée au consortium TP Ferro, constitué par l’Espagnol Dragados et le Français Eiffage, qui a en charge l’exploitation du tunnel sous les Pyrénées inauguré le 17 février 2009 (1).
Si la partie française, côté plaine du Roussillon, et le tunnel ont été livrés dans les temps, de graves difficultés techniques et politiques ont été rencontrées en Catalogne espagnole. Les deux tunnels qui devaient être réalisés sous Gérone et Barcelone viennent à peine de commencer et les projections les plus optimistes envisagent
une livraison complète d’ici trois ans. Sans ligne et sans train, le manque à gagner était manifeste pour TP Ferro. D’où cette lourde indemnisation. En attendant, il semble que des mesures transitoires vont pouvoir voir le jour d’ici l’année prochaine. Il est envisagé de relier Perpignan à Gérone en train classique via le tunnel des Pyrénées. De quoi ravir les premiers voyageurs.
En amont, le reste de la ligne TGV n’est toujours pas inscrit dans un calendrier fiable. Le contournement de Nîmes ne devrait pas voir le jour avant 2015 alors que le tronçon Montpellier-Perpignan mixant fret et voyageurs pourrait se dessiner à l’horizon de 2020.
Yann MAREC
(1) La concession du tunnel a été attribuée au consortium franco-espagnol qui a déboursé 1,1 milliard d’euros pour le réaliser.