Un internaute de 38 ans a été condamné, hier, en comparution immédiate, par le tribunal correctionnel de Narbonne, à trois ans de prison, dont deux avec sursis mise à l’épreuve et une obligation de soin et d’indemnisation des victimes. Le 4 novembre dernier, sur internet, cet habitant de Narbonne-Plage, marié et père de famille, avait demandé à une ado de 15 ans d’accepter des attouchements sexuels, contre 100 €. En lui donnant rendez-vous dans la cabine d’essayage de Décathlon. A la barre, le prévenu, cadre dans une société de transport, explique confusément que les faits se sont produits un jour de stress au travail : « Je suis allé sur internet pour discuter avec n’importe qui ». La présidente Novis rétorque : « Pas avec n’importe qui, vous alliez sur des sites
de jeunes adolescentes ». Des tchats dont la dangerosité sera plusieurs fois rappelée à l’audience. Le prévenu n’en était d’ailleurs pas à son coup d’essai. Sauf que, ce jour-là, la gamine approchée aura la présence d’esprit de donner l’alerte. Cette ado suit déjà une thérapie, à la suite d’attouchements sexuels dont elle avait été victime enfant. Elle prend son courage à deux mains et prévient son père.
Choqué par les messages de l’internaute, celui-ci décide de le mettre hors d’état de nuire. Il prend la place de sa fille devant l’ordinateur. Et rentre dans le jeu du pervers. Le rendez-vous est pris. Le père s’y rendra. Avec la police. Le 6 novembre, les policiers, en planque sur le parking du magasin, voient l’internaute arriver.
Il gare sa voiture au fond du parking. Avant de rentrer dans le magasin. Direction les cabines d’essayage. « Je ne suis rentré dans le magasin que quand elle m’a envoyé un message pour me dire qu’elle en était sortie » argue le prévenu à la barre, en essayant de persuader le tribunal qu’il fixait des rendez-vous pour ne jamais vraiment les concrétiser.
Une version balayée par la partie civile. Nicolas Sainte-Cluque, avocat de l’adolescente et de son père, revient notamment sur les textos envoyés par le prévenu : « Il lui a aussi proposer d’aller dans sa voiture ». Plusieurs éléments ne plaident pas non plus en faveur du prévenu.
Celui comparaîtra prochainement devant la justice pour des faits similaires commis en 2006. Poursuivi pour avoir approché deux adolescentes de 14 et 15 ans, en leur proposant de l’argent (Midi Libre du 6 novembre dernier), il n’a pas respecté son contrôle judiciaire. Le prévenu avait également été mis en examen pour détention de photos pédo-pornographiques. Or, en inspectant à nouveau les ordinateurs qu’il utilise à la lumière de ces derniers faits, les enquêteurs ont découvert des sites internet consultés. « Je me suis obligé à regarder ces photos dégoûtantes », souligne le substitut du procureur, Philippe Romanello, en détaillant une galerie des horreurs mettant notamment en scène des petites filles de 3 ou 4 ans avec des adultes. Le prévenu avait interrompu son suivi médical avant les faits, en s’estimant guéri. « C’est son erreur » soulignera Me Clément, pour la défense, en plaidant notamment le profil « primo délinquant ». « Je ne peux pas expliquer pourquoi j’ai fait ça, lâchera, à plusieurs reprises le Narbonnais, mais pour moi, tout restait complètement virtuel ». La sanction n’aura, elle, rien de virtuel. L’internaute a été écroué dès la fin de l’audience.