Cette jeune femme de Frontignan (Hérault) s’est fait escroquer de 1 500 euros
L’arnaque amoureuse est déjà bien douloureuse mais lorsqu’elle se double d’une escroquerie financière, la pilule est dure à avaler. Six mois après, Aurélie, cheveux noirs coupés au carré, brillant au-dessus de la lèvre, ne décolère pas.
Cette Frontignanaise, maman d’une petite fille de 4 ans, a voulu témoigner pour que d’autres filles ne se fassent pas piéger comme elles. Incarcéré depuis le mois de juillet, son arnaqueur doit être libéré début novembre, ce que la jeune femme n’arrive pas à comprendre : « Il va se barrer. Les policiers m’ont dit qu’il avait volé (NDLR : elle vérifie la somme) 206 600 €. Avec cet argent, il va rentrer chez lui. Il va sûrement pas attendre le
jugement. » Baume au cœur, si l’on veut : elle n’est pas la seule dans ce cas, une quarantaine d’autres femmes, de Frontignan mais aussi Castelnau-le-Lez et Montpellier, se sont fait rouler dans la farine par ce Don Juan, beau parleur, bel homme, qui draguait sur internet.
«Pour passer le temps», Aurélie s’inscrit, en mai dernier, sur un site de rencontres régional. Elle y fait la connaissance d’un certain Ilan. «Pendant un mois, on s’est envoyé des mails. Il disait qu’il venait de s’installer dans le Sud, qu’il venait du Nord, que son compte était là-haut et qu’il ne pouvait pas encaisser son chèque de salaire et qu’il devait payer la caution à son propriétaire »
Ilan et Aurélie se rencontrent à deux reprises à Frontignan. Tout va très vite. La jeune femme est en confiance et accepte de lui donner ses coordonnées bancaires afin qu’il dépose un chèque de 4 800 € sur son compte. Un chèque qu’elle ne verra jamais. En contrepartie, elle lui verse, pourtant, 1 500 € en liquide, avant de s’apercevoir qu’il n’y a pas 4 800 € sur son compte, Ilan ayant utilisé un chèquier volé. «Je lui ai téléphoné. Il m’a dit que ce n’était pas vrai, que c’était moi qui avait pris l’argent. Je l’ai tellement harcelé qu’un jour, il n’a plus répondu au téléphone. J’étais en colère, je crois que j’aurais pu le tuer. En plus, je l’avais prévenu que j’étais au chomage et que j’avais une petite fille. »
Aurélie porte plainte et s’aperçoit alors que l’arnaque est collective et qu’Ilan a déjà été condamné pour des faits similaires en 1999. Endettée, sans emploi, elle ne peut plus payer son loyer et se voit obligée de quitter son appartement pour aller vivre dans sa famille. Crédule, sans doute, mais tenace au moins autant, la jeune femme le recherche sur internet en prenant une fausse identité et en se faisant aider par des copines.
C’est grâce à ses renseignements que la police arrive à le pincer à Montpellier « le 2 juillet », annonce-t-elle fièrement. Depuis, le faux Ilan est incarcéré à la prison de Villeneuve-lès-Maguelone. La leçon est dure mais Aurélie le jure : elle n’ira plus draguer sur internet.