LyonPerpétuité confirmée pour le pompier Greiner, accusé du meurtre d'une adolescente
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Le caporal des pompiers d’Avignon comparaissait en appel pour le viol et le meurtre d’une adolescente de 16 ans
En reprenant la peine prononcée par la cour d’assises du Gard en avril 2008, les jurés du Rhône n’ont pas voulu faire payer à Robert Greiner son obstination. Hier, le caporal des pompiers a été condamné en appel à la réclusion criminelle à perpétuité pour le viol et le meurtre d’Evelyne Boucher, en décembre 1987 à Villeneuve-lès-Avignon.
Les jurés n’ont, en effet, pas suivi les réquisitions de l’avocate générale, Jacqueline Dufournet, qui réclamait en sus une période de sûreté de 18 ans, soit le maximum de la peine encourue à l’époque des faits, en 1987. Ce qui, pour la représentante de l’accusation, correspondait à l’aveuglement de Robert Greiner
; celui-ci n’a effectivement pas pris, ou pas voulu prendre conscience de l’extrême gravité des faits dont il avait à répondre.
Hier, avant que les jurés lyonnais ne se retirent pour délibérer, le sapeur-pompier avignonnais s’est encore englué dans un interminable monologue. Alors que le président lui donnait la parole pour la dernière fois, Greiner, après ses avocats, s’est lancé – conclusion écrite à l’appui – dans un nouveau plaidoyer, pour tenter de démonter les conclusions pourtant accablantes de l’accusation.
Il a tenté une nouvelle fois de se présenter comme un bouc émissaire, victime de toutes les instances qui se sont intéressées à son affaire. Ainsi, outre la cabale policière, le rouleau compresseur judiciaire et les supposées trahisons de son environnement professionnel ou personnel, il s’en est pris à la presse qui n’aurait été obnubilée que par son profil génétique. Ceci après que son sperme a été retrouvé dans le corps de la victime martyrisée, violée, étranglée, et achevée d’une balle 22 long rifle dans la tête. De même, il affirme que s’il avait découvert sur les journaux, qu’il soutient ne jamais lire, la photo d’Évelyne, il se serait vite manifesté pour témoigner qu’il avait eu avec elle une relation sexuelle consentie le jour du drame. Son destin, comme il le dit, aurait assurément pris une autre tournure.
Pour la mère et les proches d’Évelyne, ce plaidoyer a été ressenti comme une nouvelle crucifixion. A l’issue du verdict, Greiner est, comme à Nîmes, demeuré de marbre, ne laissant transparaître aucune émotion… Peut-être seulement un rictus dédaigneux en direction de ceux qui n’ont pas voulu croire en son histoire. Gisèle Cronier avait promis à sa fille, après sa mort, d’aller jusqu’au bout pour que son crime ne demeure pas impuni. Son combat a déjà duré 22 ans. Va-t-il s’arrêter à Lyon ? Le quinquagénaire vauclusien a cinq jours pour se pourvoir en cassation.