Publié à 9 h 52 - Mis à jour à 12 h 15 - Onze personnes ont été interpellées ce matin dans le cadre de l'affaire des lettres de menaces de mort, dont certaines avec balles, envoyées à plusieurs personnalités politiques depuis 2007. Les arrestations se sont déroulées à l'aube à Saint-Pons-de-Thomières, Riols et Prémian, des villages situés au nord ouest de Béziers.
Au final, neuf personnes ont été placées en garde à vue. Parmi eux : plusieurs militants associatifs de gauche et un buraliste de Saint-Pons-de-Thomières déjà entendu par les enquêteurs le 10 aout. Cet ancien parachutiste est connu pour ses inimitiés envers le maire PS de sa commune, Kleber Mesquida et ses attaques à l'encontre de Raymond Couderc, le maire UMP de Béziers. Les services de police (sous-direction
anti-terroriste de la direction centrale de la PJ, direction régionale de la PJ de Montpellier et brigade criminelle de la Préfecture de police de Paris) ont perquisitionné son bureau de tabac et le local du Secours Populaire se trouvant à proximité. Pierre Blondeau est bénévole de l'association et collabore par ailleurs à La Commune, un feuillet d'opinion du Saint-ponais prolétarien.
Les habitants de Saint-Pons-de-Thomières avaient remarqué depuis plusieurs jours une présence policière dans les environs du bureau de tabac.
« A ce stade, les enquêteurs sont encore extrêmement prudents sur la mise en cause des neuf interpellés », précise une source proche du dossier.
Une série de courriers signés "Combattants de la cellule 34" a été adressée à diverses personnalités politiques principalement de droite, dont Raymond Couderc, maire de Béziers, Marcel Roques, maire de Lamalou-les-Bains et Jacques Blanc, ancien président de la Région Languedoc-Roussillon, fin 2007 et courant 2009.
Le parquet de Paris, en charge de l'enquête, devrait communiquer dans la journée.
Rappel des faits :
MAI 2007. Le maire de Lamalou-les-Bains, Marcel Roques (UMP) reçoit un « courrier accompagné d’une balle de 44 ». Il n’y prête guère attention.
9 FEVRIER 2009. Le maire (UMP) de Béziers, Raymond Couderc reçoit par courrier une balle de 38 mm non percutée et des menaces de mort à l’encontre de Nicolas Sarkozy, signées Cellule 34. Une plainte contre X est déposée et l’enquête débute.
FIN FEVRIER. Plusieurs personnalités de l’UMP, dont l’élu régional Jacques Blanc, et des ministres en poste, reçoivent une lettre de menaces accompagnée d’une balle de 9mm.
DEBUT MARS. Alors que les envois de lettres se poursuivent, un suspect est arrêté à Montpellier le 4mars. Jacques Blanc reçoit une nouvelle lettre qui disculpe le gardé à vue, relâché le 5. L’enquête repart à zéro.
9 MARS. Le corbeau écrit à l’avocate du suspect libéré. Il se dit « désolé » pour son client et donne des détails pour l’innocenter.
AVRIL. De nouvelles balles sont postées depuis la région à Nicolas Sarkozy et d’autres personnalités de droite. L’enquête s’oriente vers les stands de tir de la région.
24 JUILLET. Après trois mois de calme, c’est au tour de Ségolène Royal (PS) de recevoir un pli, mais l’origine de ce dernier n’est pas certifiée.
DÉBUT AOUT. Un courrier destiné à Nicolas Sarkozy est intercepté. Le lendemain, Raymond Couderc reçoit de nouvelles menaces.
7 AOUT. Une lettre est interceptée destinée à Philippe de Villiers (MPF).