Julien est-il un doux rêveur ou un homme fragile extrêmement lucide qui se protège des dures réalités du monde en cherchant si prudemment sa route que la quête peut sembler absurde ? Il faut suivre le héros du Camion électrique, deuxième roman de l’Héraultais Alain Galindo.
Conducteur d’un improbable camion équipé de panneaux solaires destinés à le faire avancer, stoppé à la première panne au pied d’une côte qu’il mettra deux ans à franchir dans son engin, alors qu’il faudrait seulement cinq minutes à pied. Alice, son amoureuse, dans une attente improbable, entrecoupée de visites des villageois voisins et de projets loufoques : atteler trois milliards et un escargots pour faire avancer le convoi de quelques centimètres. Ou vendre des boîtes de cassoulet pour
assurer la survie du couple. Camille la remplace. Et c’est elle qui fera franchir à Julien cette butte ridicule devenue infranchissable.
Un roman, ou plutôt une fable, pour ceux qui gâchent leur existence à force de craintes et d’interdits, qui n’osent pas aimer et n’acceptent pas de l’être. Pour ceux qui regardent la vie des autres sans s’intéresser à la leur. Et qui trouveront peut-être aussi leur route en écoutant le conseil d’une des visiteuses de Julien : « Le plus dur, ce n’est pas de mourir, c’est d’attendre. Alors, il vaut mieux tromper son ennui en s’occupant le mieux possible ».
"Le Camion électrique", éditions Volpilière, 14 €.