Languedoc-Roussillon"Harkis sous-hommes" : Georges Frêche relaxé par la cour de cassation
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Publié à 15 h 20 - Mis à jour à 16 h 40 - Georges Frêche peut souffler. La cour de cassation vient de confirmer sa relaxe dans l'affaire des "harkis sous-hommes". Le président de la Région Languedoc-Roussillon (divers gauche) était poursuivi par plusieurs associations pour "injure raciale".
Le 11 février 2006 à Montpellier, lors d'un hommage à un ancien leader pied-noir et sur fond de discussion sur l'article de loi évoquant le rôle « positif » de la colonisation, le président de la communauté d'agglomération de Montpellier s'en était pris à des harkis qui avaient assisté le même jour à une manifestation similaire de l'UMP. « Vous êtes allés avec les gaullistes (...) Ils ont massacré les vôtres en Algérie (...). Ils les ont égorgés comme
des porcs. Vous faites partie de ces harkis qui ont vocation à être cocus jusqu'à la fin des temps (...). Vous êtes des sous-hommes, vous êtes sans honneur », avait lancé Georges Frêche à un groupe de harkis, suscitant une vive réaction dans la communauté en France.
Le président de la région avait été condamné en janvier 2007 à une amende de 15 000 €. Avant d'être relaxé par la cour d'appel de Montpellier en septembre. Abasourdis par cette décision, l'association Génération Mémoire Harkis, la Ligue des droits de l'Homme et le Mouvement contre le racisme et pour l'amitié entre les peuples (Mrap) avaient formé un pourvoi devant la chambre criminelle de la cour de cassation. En vain. Les juges ont considéré que les magistrats montpelliérains avaient « exactement apprécié le sens et la portée des propos incriminés ». Dans son arrêt, l'instance judiciaire suprême considère que « la communauté des harkis ne constitue pas un groupe de personnes entrant dans l'une des catégories » énumérées par la loi du 29 juillet 1881, relative à la diffamation et à l'injure. Une décision choquante pour l'avocat des associations, Me Emmanuel Piwnica.
Joint par Midi Libre, Georges Frêche assure que cette affaire l'a « peiné ». « Par moment, elle m'a rendu malade. Je n'ai jamais mis en cause les Harkis en général. Le procès que l'on m'a fait est complètement inique car je me suis toujours battu contre le racisme, en faveur d'israël, des Musulmans. J'ai toujours eu confiance en la justice de mon pays. Aujourd'hui, elle m'absout, explique l'élu. Au Parti socialiste, cette affaire a été un prétexte pour se débarrasser de l'électron libre que je suis. Pour autant, les fédérations de la région m'ont soutenu sans faille. J'ai reçu des centaines de témoignages d'amitié. »
Georges Frêche avait été exclu du PS quelques mois après l'affaire des harkis, pour avoir jugé anormale la proportion de Noirs dans l'équipe nationale de football.