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Édition du jeudi 11 septembre 2008
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Hérault"J'ai résolu mes problèmes d'essence"

Les hausses successives du prix du carburant agissent profondément sur le comportement des automobilistes. Il n’est plus rare, désormais, de voir des travailleurs attendre des collègues motorisés aux abords des échangeurs d’autoroute. Les sites Internet dédiés au covoiturage font florès sur la Toile et les systèmes d’entraide entre collègues de bureau commencent à entrer dans les mœurs.

Gaby Rocotti (photo), un grand gaillard jovial de 53 ans, exerce la profession d'artisan-carreleur près de Lodève, dans la Haute-Vallée de l’Hérault. Depuis le début de l’année, face aux difficultés, il a mis en place un système de ramassage pour ses quatre ouvriers. « La plupart d’entre eux habitent dans des petits villages éloignés,
il y en a même un qui vient de Clermont l’Hérault
». Au vu des salaires pratiqués dans la profession, le situation est devenue rapidement insupportable pour la plupart d’entre eux. « Il y avait souvent des retards, parce que certains se faisaient transporter par des amis, ou prenaient le bus. C’était préjudiciable à la bonne marche de l’entreprise ».

Pour une petite entreprise telle que celle de Gaby, chaque bras compte, et les problèmes peuvent se régler facilement, à l’amiable. « On en a beaucoup discuté ensemble. Je ne pouvais pas augmenter les salaires alors je leur ai proposé de faire du covoiturage. Soit je viens les chercher et ils payent une petite somme pour l’essence, de l’ordre de 20 euros par mois, soit ils se débrouillent entre eux pour venir se chercher mutuellement et je leur paye le plein de l’une des voitures ».

Un système qui semble convenir aux ouvriers de l’entreprise. Serge, le plus ancien de l’équipe, raconte. « Ma femme travaille à Saint-André-de-Sangonis, elle est obligée de prendre sa voiture pour aller travailler et amener les enfants au collège. Nous étions obligés de faire deux pleins chacun par semaine. Ce n’était plus possible. Avec ce nouveau système je m’y retrouve. Ce n’est pas le Pérou, mais au moins je ne dépense pas tout ce que je gagne pour aller travailler ».

Une foule d’autres salariés vivent les mêmes difficultés, chacun essayant de se débrouiller, à sa façon. A l’échangeur d’autoroute d’Agde, nous avons rencontré Rachida, une Algérienne quinquagénaire qui vit à Bessan et travaille à Sète. Elle arrive à pieds de son village, situé à deux kilomètres, tous les matins à 3h40 pour attendre l’une de ses collègues à l’entrée de l’autoroute. « J’embauche à 4 heures et je n’ai pas de voiture. De toute façon, je ne pourrais pas m’en payer une » explique-t-elle en haussant les épaules. « Alors, comme ma collègue peut me transporter, et que l’essence lui coûte trop cher, on partage les frais. Ca nous arrange toutes les deux ».
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Un peu plus loin, ce sont deux caristes qui travaillent dans un grand hypermarché de Béziers, qui ont pris l’habitude de faire du stop pour se rendre au travail. « Les gens qui vont travailler tôt sont souvent habitués à s’entraider, en général on arrive à l’heure au boulot. D’autant qu’avec certains c’est devenu une habitude. Ils sont inquiets quand ils ne nous voient pas, parce que quelqu’un d’autre nous a embarqué avant » sourit Gilles, qui habite Saint-Thibéry et laisse tous les jours sa petite 106 sur le parking. « Je fais sept kilomètres par jour, pour venir me garer ici, avec un seul plein tous les mois, ça peut aller ».

A Valros, c’est une secrétaire-comptable, Cathy Dides, qui a résolu le problème en s’inscrivant sur un site de covoiturage. « Je travaille à Béziers. Une amie m’a parlé de ce service. Sur le site j’ai rencontré deux autres personnes qui avaient les mêmes horaires que moi, et qui faisaient un trajet similaire. Maintenant, nous prenons chacune nos voitures à tour de rôle, et nous divisons par trois le prix de l’essence ». Une habitude qui a donné lieu à une réelle amitié. « Avant, je n’avais que l’autoradio pour me tenir compagnie, maintenant on papote pendant tout le trajet et on organise des repas entre nous plusieurs fois par mois. Finalement, les difficultés que nous rencontrions toutes les trois nous ont rapprochées ».

La baisse du prix du pétrole auquel on assiste depuis le milieu de l’été semble très provisoire selon la plupart des spécialistes. Au delà de 2008-2009, les mécanismes d’augmentation des cours, liés à l'équilibre de l’offre et de la demande, devraient se remettre en place. Par ailleurs, les technologies alternatives fiables et peu coûteuses pour les citoyens tardent à s’imposer. Les voitures à moteur électrique, les véhicules hybrides ou à pile à combustible, la distribution de carburants de substitution (éthanol ou diester) sont encore infiniment rares et inutilisables pour le grand public.

On ne trouve par exemple qu’une seule pompe distribuant du bio-éthanol dans l’Hérault (station Dyneff à Fréjorgues) et une seule nouvelle ouverture est prévue cette année (Dyneff à Béziers, sur la route de Narbonne). Le système D et les réseaux de solidarité ont encore de beaux jours devant eux.


Nathalie Balsan-Duverneuil
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30/09/2008 à 08h31 | jack  

on pleure pour 20 euro d'essence et en contre partie on dépense pour certains 50 voire 70 euro de téléphone mobile, cherchez l'erreur!

12/09/2008 à 10h43 | FF  

Moi aussi je fais du covoiturage. A Mauguio on est une douzaine à faire ça chacun notre tour pour aller à Montpellier.


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