CarcassonneSarkozy : « Il y a eu des négligences inacceptables »
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Le chef de l'Etat s'est rendu dans la matinée à l'hôpital de Carcassonne, où sont soignées certaines victimes de la fusillade au 3e RIPMa, avant d'aller au CHU de Toulouse au chevet des blessés les plus graves. « Il y a eu des négligences inacceptables. Elles devront être sanctionnées », a déclaré à la presse M. Sarkozy.
« La réaction sera rapide et sévère », a-t-il promis. « Ce sont des professionnels, cela ne peut pas rester sans conséquence ». « Je suis consterné par ce qui s'est passé », a ajouté M. Sarkozy, rappelant qu'il s'exprimait en tant que président de la République et chef des armées. Il était accompagné
du ministre de la Défense Hervé Morin, du général Bruno Cuche, chef d'état-major de l'armée de Terre, et du maire UMP de Carcassonne Gérard Larrat.
« D'après tout ce que le monde pense, la piste criminelle semble évacuée. Ca n'enlève pas la gravité des choses, les victimes restent les victimes quelles que soient les intentions, que ce soit criminel ou une grande imprudence », a déclaré le président, qui est resté environ 40 minutes au chevet des cinq victimes, dont deux enfants, hospitalisées à Carcassonne. « Disons les choses comme elles sont », a poursuivi le président, « il y a eu un relâchement inacceptable qui a conduit à ce qu'il faut bien appeler un drame qui aurait pu être bien pire. Et je n'ai pas l'intention d'attendre qu'il y ait un jour un drame bien pire pour réagir. La réaction sera rapide et sévère ».
Les enquêteurs de la brigade de recherches de Carcassonne et de la section de recherches de Montpellier privilégient la thèse de l'accident. Quatre militaires, dont l'auteur des coups de feu, étaient toujours en garde à vue ce matin. Tous portaient des fusils d'assaut Famas lors de la fusillade.
Le militaire, à l'origine de la fusillade à Carcassonne, a agi « involontairement, par maladresse », « absolument pas de manière préméditée" et le drame est la conséquence d'une « erreur humaine », a déclaré à Carcassonne le procureur de la République de Montpellier, Brice Robin. Ce sergent du 3e RPIMa devrait être présenté mardi devant un juge d'instruction à Montpellier.
« Nous demanderons qu'il soit mis en examen pour le délit de blessures involontaires ayant entraîné une incapacité totale supérieure à trois mois", a déclaré le procureur. Il a ajouté qu'il retiendrait « vraisemblablement une circonstance aggravante », insistant sur le fait que le militaire avait « violé les règles de sécurité ».
Quant aux blessés, ce matin, le préfet de l'Aude Bernard Lemaire a déclaré qu' « il n'y avait plus personne qui soit menacé ». « Alors que hier pour deux d'entre eux, le pronostic vital pouvait être engagé, aujourd'hui, c'est un peu plus satisfaisant. Ils ont été opérés dans la nuit et il n'y a plus personne qui soit menacé ».