LE CAS L'affaire Biaggi-Vergnes Des dossiers présentés, le cas de Joséphine Biaggi-Vergnes est le plus épineux pour Alain Manville. Parce que le parcours de cette brillante directrice (plus jeune de France à 22 ans), était jusque-là sans faute et que l'accumulation de vexations frise l'acharnement : responsable des relations internationales, relations avec les universités, affaires juridiques, recherche à l'arrivée d'Alain Manville, Joséphine Biaggi a vu réduire son champ d'action aux affaires juridiques avant de se voir confier « deux missions ridicules » . Elle a été dessaisie de sa délégation de signature, « mesure d'une particulière violence » , souligne la présidente. Enfin, elle a été mutée d'office à Marseille. « Cette destruction interne, je
ne l'avais jamais connue , dira-t-elle : J'ai 35 ans de carrière, 33 ans de bonheur et un trou noir de deux ans que je ne comprends pas. » La défense d'Alain Manville s'est concentrée sur le point faible du dossier : Joséphine Biaggi est l'épouse de Guy Vergnes - cité comme témoin, le prédécesseur d'Alain Manville n'a jamais caché son hostilité à l'égard de son successeur, le conflit entre les deux hommes a longuement mobilisé le tribunal. Pour Alain Manville, l'épouse de l'ex-directeur a eu « un comportement aux antipodes de ce qu'on doit attendre d'un directeur adjoint » , « elle n'a eu de cesse de m'agresser, je n'avais plus confiance, je devais me protéger ». La présidente a traduit : « Vous nous dites que c'est vous qui faites l'objet de harcèlement... On a l'impression que vous avez eu le sentiment d'être en danger dans cet hôpital, c'est étonnant de la part de quelqu'un qui a votre cursus. »