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Édition du vendredi 9 mai 2008
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BirmanieLa junte filtre l'aide et minimise la catastrophe

RAPPEL
Presque une semaine après le passage dévastateur du cyclone Nargis, les estimations des ONG font état de 100 000 morts alors qu'un nouveau bilan officiel recense 22 997 morts et 42 119 disparus. Rien qu'a Labutta et ses villages voisins, une zone sinistrée du delta de l'Irrawadd y, le nombre de morts est estimé a 80 000. La Birmanie, malgré une pression internationale soutenue, reste très réticente aux propositions d'aides d'urgence qui s'offre à elle pour secourir plus d'un million de sinistrés. Hormis les ONG présentes sur place, le gouvernement autorise l'aide au compte-gouttes. Seul un avion de l'Onu a atterri hier à Rangoun. Un cruel manque de coopération. L'attitude de la Birmanie déçoit et énerve la communauté internationale. Les autorités au pouvoir n'ont pas autorisé jusqu'ici
que l 'aide étrangère parvienne aux victimes du cyclone Nargis. Les propositions d'aides financières et matérielles promises au pays sinistré deviennent massives, mais la Birmanie s'y ouvre avec une extrême réticence. Plusieurs pays voisins ont déjà pu acheminer une aide, bien que limitée et totalement insuffisante. Tandis que la faim, la soif et la maladie menacent des centaines de milliers de rescapés, les militaires de la junte birmane freinent l'arrivée des humanitaires étrangers, perçus comme une menace à sa suprématie. « Ils n'aiment pas l'aide internationale, car ce qu'ils veulent c'est que la population les considère, eux, comme des sauveurs » , décrypte Win Min, analyste birman réfugié en Thaïlande. Une manière pour les autorités de montrer qu'elles gardent le contrôle du pays. Pourtant, s ur place, les témoins continuent de décrire des scènes de désolation. Des orphelins, des veuves, des parents et des bonzes affligés attendent, le regard vide, assis par terre dans des abris temporaires. Privés d'eau potable, de toilettes, de médicaments, leur situation s'aggrave de jour en jour. « La population a un besoin urgent de produits de première nécessité, tels l'eau, la nourriture, les médicaments et les sanitaires » , a déclaré un médecin local. En attendant les secours, de nombreux réscapés se sont tournés vers les moines et leur hospitalité immémoriale. Pas vers l'armée. Une situation que subira probablement le gouvernement lors du réferumdum maintenu pour demain. Une mauvaise nouvelle pour la communauté internationale, qui avait appellé la Birmanie à repondre en priorité à la crise humanitaire. Face à l'immobilisme des autorités birmanes, le Premier ministre luxembourgeois Jean-Claude Juncker a jugé « scandaleux » et « inadmissible » le comportement de la junte. Il a ainsi soutenu la proposition de Bernard Kouchner qui appelle le Conseil de sécurité de l'Onu a adopter une résolution imposant l'ouverture de la Birmanie à l'aide internationale. Mais après le Viêtnam, la Russie et l'Afrique du Sud, les représentants de la Chine et de l'Indonésie à l'Onu ont à leur tour rejeté l'idée française de voir le Conseil de sécurité décider une intervention pour venir en aide aux sinistrés, sans attendre l'aval des autorités birmanes. Les Etats-Unis, dont l'aide avait été accéptée dans un premier temps, puis refusée, ont affirmé qu'ils pourraient se passer de l'auto risation de la junte.
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