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Édition du vendredi 9 mai 2008
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Photos Jean NOTÉ

TunisL'émotion des rapatriés au cimetière chrétien du Bourjel

RAPPEL
Combien de rapatriés français, espagnols, italiens, maltais ou encore russes ont laissé sur le sol tunisien leurs ancêtres décédés au moment de leur départ du Protectorat français ? C'était la fin des années 50. Ils reposent dans des cimetières chrétiens. Plus de cinquante ans après le départ de ces hommes et ces femmes, la Tunisie réhabilite ces lieux de mémoire. Le grand cimetière du Bourjel à Tunis constitue l'un des meilleurs exemples de ce vaste chantier. Il touche, au plus profond de leur âme, tous ces expatriés qui viennent depuis la France - beaucoup du Languedoc - se recueillir sur leurs tombes.
Au coeur de Tunis, l'avenue Habib-Bourguiba, du nom du premier président du pays maghrébin, se prépare à accueillir Nicolas Sarkozy. Un jour de fête. C'était il y a deux semaines.
Président de l'association Amitiés franco-tunisienne de Mauguio-Carnon, Nicolas Carnemolla, de retour sur sa terre natale, ne s'est pas déplacé pour saluer le chef d'Etat français. Natif de la Goulette, le vieux port de Tunis où il a grandi jusqu'à l'âge de 10 ans, il revient pour se recueillir sur la tombe de sa mère, décédée à Tunis en 1948 : « Lors de ma dernière visite en janvier dernier, j'ai constaté que le cimetière chrétien du Boujel était en cours de réhabilitation. J'ai eu un véritable choc émotionnel. C'est pour moi un message fort envoyé par la Tunisie à tous ceux qui ont quitté le pays, laissant derrière eux leurs ancêtres ».
L'émotion de Nicolas Carnemolla est encore bien plus grande lorsqu'il arrive sur la tombe de sa mère, implantée dans un carré pas encore réhabilitée : « Voilà trois ans, j'ai fait tout refaire et tout reblanchir. Aujourd'hui, un jardinier va nettoyer tous les abords ».
A quelques mètres de là, dans ce gigantesque cimetière, les ouvriers s'affairent autour des différentes tombes. Véronique Bono, qui revient pour la toute première fois en Tunisie , entre dans le bureau du gardien du Bourjel. Elle tombera dans les bras de Nicolas Carnemolla : « Cette émotion, c'est terrible. Je suis vraiment toute secouée. J'ai eu un choc lorsque j'ai vu les deux photos de mes grands- parents sur la tombe. J'ai exactement les mêmes chez moi ».
Les larmes aux yeux, elle poursuit son récit : « Je suis contente d'être venue car j'avais besoin de retrouver mes racines. C'est magnifique. Vous ne pouvez pas savoir. C'est une page de mon histoire que je retrouve ».
Dans la journée, Véronique Bono ramènera des fleurs pour fleurir la tombe familiale, promettant de revenir très rapidement sur ces lieux de souvenir.
Tous les jours, des rapatriés français débarquent à Tunis. Avec l'intention de faire une visite au cimetière du Bourjel. C'est le cas des deux amis de Marseille et de Marignagne : « J'ai pleuré sur la tombe de mes grands-parents » explique Joseph Grassini. En tant que président d'association, Nicolas Carnemolla se dit fier de raconter en Languedoc-Roussillon l'histoire de la réhabilitation du cimetière du Bourjel à Tunis.
Textes : Jean NOTÉ
Contact : Nicolas Carnemolla, Association amitiés franco-tunisienne Mauguio-Carnon,
tel. 06 16 99 62 22
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