Coup de théâtre dans l'enquête sur l'assassinat de Bernadette Bissonnet, la riche pharmacienne retraitée abattue de deux coups de fusil dans sa villa de Castelnau-le-Lez (Hérault) le 11 mars dernier. Placé en garde à vue lundi et mardi dans l'Yonne, le vicomte Amaury d'Harcourt, 82 ans, le meilleur ami de Jean-Michel Bissonnet, a confirmé les charges pesant sur le mari de la victime.
L'octogénaire a confirmé que le crime, commis par le jardinier Méziane Belkacem avait été commandité par l'homme d'affaires, et a avoué avoir récupéré et fait disparaître le fusil utilisé, qui a été retrouvé sur ses indications dans
le Lez. Mais malgré ces charges, Jean-Michel Bissonnet, emprisonné à Béziers pour complicité continue à crier son innocence. Jean-Michel Bissonnet était déjà accusé par son jardinier. Il est désormais mis en cause par son meilleur ami. Placé en garde à vue lundi à 8 h 30 dans l'Yonne où il réside, le vicomte Amaury d'Harcourt, 82 ans, vient de faire évoluer l'enquête sur l'assassinat de Bernadette Bissonnet, 57 ans, le 11 mars dernier à Castelnau-le-Lez (Hérault). « M. d'Harcourt implique M. Bissonnet comme étant le commanditaire du meurtre de son épouse », ont annoncé hier par communiqué les gendarmes du Languedoc-Roussillon. Libéré le lendemain pour raison de santé, le vicomte Amaury d'Harcourt aurait selon ce communiqué reconnu avoir joué un rôle clé dans ce crime : c'est lui qui aurait fait disparaître l'arme utilisée par le jardinier Meziane Belkacem, 50 ans. Ce dernier affirme avoir tué la retraitée à la demande de son mari, contre la promesse d'un gain de 30 000 €.
Belkacem, écroué pour assassinat, avait expliqué avoir tiré à deux reprises sur Bernadette Bissonnet, puis avoir laissé ce fusil à canon scié de calibre 16 dans le 4X4 de la victime, à 200 m de la villa, conformément aux instructions données par Jean-Michel Bissonnet, qui assistait ce soir-là à une réunion du Rotary Club.
Amaury d'Harcourt a avoué pendant sa garde à vue être allé récupérer le fusil dans le véhicule, puis l'avoir jeté dans le Lez, à Castelnau, avant le retour de son ami. Mardi, les plongeurs ont repêché à l'endroit indiqué un fusil à canon scié, qui a été confié aux experts balistiques : à eux désormais de déterminer s'il s'agit bien là de l'arme du crime.
L'octogénaire devrait être prochainement convoqué devant les deux juges montpelliérains chargés de l'enquête, en vue de sa mise en examen. Selon son implication exacte, il pourrait être poursuivi pour non-dénonciation de crime, dissimulation de preuve, voire complicité d'assassinat.
Issu d'une des plus vieilles familles de la noblesse française, ami de Jean-Michel Bissonnet depuis quarante ans, le vicomte Amaury d'Harcourt, plusieurs fois divorcé, vit dans une grande et belle propriété de l'Yonne, au lieu-dit Saint-Eusoge, à Rogny-les-Sept-Ecluses. Un petit village touristique, entouré de forêts et de plusieurs domaines de chasse fréquentés par la haute société : l'une d'elle appartenait au banquier Edouard Stern, assassiné à Genève en mars 2005. « Les d'Harcourt sont des gens qu'on voit très peu, qui ne se mêlent pas beaucoup aux gens du village », expliquait hier le maire, Claude Samyn. « Le vicomte Amaury est quelqu'un qui n'a jamais eu à beaucoup travailler, il a surtout vécu de la chasse et de l'élevage. Il est venu il y a dix jours en mairie pour des papiers, avec son vieux 4X4 Lada, il avait l'air tout à fait serein. » L'enquête est loin d'être bouclée, d'autant que l'éventuel mobile de Jean-Michel Bissonnet reste incertain. « Il semble qu'il ne supportait plus son épouse, et qu'il voulait refaire sa vie », indiquait hier une source judiciaire proche du dossier. « Le mobile serait la haine ».