MontpellierLa grande Agglo relancée par un vaste débat
Le projet de fusion avec Sète et Mèze est ajourné. Il est relancé par des négociations ouvertes avec les six intercommunalités périphériques
Une carte de l’Agglomération en jaune et tout autour, les autres intercommunalités. Elles sont six. Sète, Mèze, Lunel, Mauguio, Pic Saint-Loup et Cep et Sylves. Chacune une couleur. De cette masse irisée, Georges Frêche verrait bien une seule couleur : celle de Montpellier. Son rêve de fusion ne s’est pas évaporé. Mais la méthode a radicalement changé. Un maître mot : la négociation. « Nous allons entrer dans
une grande phase de concertation. Ça prendra le temps qu’il faut, six mois ou un an mais nous ne ferons rien avant. » Dans la foulée, Georges Frêche désignait son premier vice-président négociateur en chef.
Après ce délai consensuel, le président posera sur le bureau du préfet un contour de l’agglomération agrandie. « Pas une communauté urbaine, a-t-il prévenu. Le mot fait peur. D’ailleurs, je prends un engagement d’honneur, celui de ne pas prendre la compétence de l’urbanisme ». Un gage de sagesse pour évacuer toute critique de cannibalisme à l’égard des petites communes. La nouvelle stratégie est sobre, sans éclat de voix, sans forcément d’aménité. Georges Frêche prend ainsi acte de l’attitude de Pierre Bouldoire, qui pilote désormais l’agglomération sétoise, qu’il constate plutôt « contre », qui « multiplie les difficultés ». Il y ajoute la « masse, petits, minables qui vont m’embêter, ils sont nombreux » dans cette entreprise.
Car l’idée n’est pas abandonnée, le constat n’a en rien varié, celui d’une aire géographique sur laquelle de coûteux projets sont à porter - la troisième ligne de tramway à Montpellier, l’assainissement de l’étang de Thau, le renforcement du port de Sète. Et Georges Frêche en appelle à « l’intelligence, l’intérêt général ». Puis « que chaque élu de l’Agglo nous aide ». Le débat qui a suivi a montré la ferme intention de chaque conseiller communautaire de s’investir dans cette concertation. Maires ruraux, Jean-Pierre Moure et Yvon Pellet en tête, ou les représentants de Montpellier. Le PC, le PS, le PRG, le MoDem mais aussi les représentants UMP, tel le maire de Baillargues, Jean-Luc Meissonnier, ont souscrit à cette ambition. Tous y voit « l’avenir du territoire » ou le refus d’être « écrasés entre Toulouse, Marseille, Barcelone et Lyon ». Conclusion, on ne doit pas camper sur des « combats d’arrière-garde », a sommé Georges Frêche.
Du coup, à la table des discussions, sont désormais appelées les Communautés de communes et d’agglomération périphériques : soit 57 municipalités et quelque 224 748 habitants. « On tâchera de faire l’accord avec deux ou trois de ces structures » regroupant les 95 000 habitants manquant à l’Agglo de Montpellier pour franchir le cap de 500 000 exigés. Sur les chances de réussir ce projet, Georges Frêche met la loi dans la balance : « Il nous faut soit deux tiers des communes, c’est impossible, ou la majorité représentant la moitié de la population. Et là, je suis sûr de gagner car j’ai avec moi les grosses communes. » À la fin du tour de table, le préfet, Cyrille Schott devra dessiner ce nouveau territoire. Avant cela, Georges Frêche en est assuré : « Il faudra se battre, expliquer, convaincre pour relever cet immense challenge. »