RailEntre Nîmes et Perpignan, la ligne TGV inscrite dans la loi
Franck Valentin
Une ligne ferroviaire mixte fret-grande vitesse, dont on attend qu’elle se concrétise depuis… 13 ans. Alors que la section Nîmes-Montpellier se précise, Montpellier- Perpignan restait dans les limbes. Depuis mercredi, lendemain de notre dossier sur « le lent parcours de la grande vitesse », un premier pas décisif a été franchi : l’inscription de ce chantier dans le projet de loi Borloo, relatif à la mise en œuvre du Grenelle de l’environnement. Si Georges Frêche, président divers gauche de la Région Languedoc- Roussillon, salue la victoire, il reste prudent, alors que l’UMP Jean-Paul Alduy, maire de Perpignan, s’enthousiasme. Le point.
Peut-être
une avancée significative dans le projet de ligne ferroviaire nouvelle entre Nîmes et Perpignan. Le Parlement examinera avant l’été le projet de loi relatif à la mise en œuvre du Grenelle de l’environnement. Or, dans ce projet porté par Jean-Louis Borloo, le ministre de l’Écologie, il est question de réaliser « 2 000 km de lignes ferroviaires nouvelles à grande vitesse d’ici 2020 ». Le texte présenté mercredi au conseil des ministres énumère les liaisons concernées, parmi lesquelles figurent le contournement mixte fret-TGV de Nîmes et de Montpellier - peu surprenant - et, ce qui est tout nouveau, « la ligne Montpellier-Perpignan ».
Jusque-là, l’Etat ne s’était jamais autant engagé sur cette ligne nouvelle qui constitue le chaînon manquant entre l’Espagne et la France. En l’inscrivant dans sa première loi issue du Grenelle de l’environnement, il lui donne un caractère prioritaire. Certes, selon Jean-Louis Borloo, il s’agit, en développant le rail, de réduire les émissions de CO2. Mais le ministre reconnaît qu’il faut aussi « assurer la connexion du réseau français au réseau européen », comme il est écrit dans son projet de loi. La ligne nouvelle Montpellier-Perpignan répond finalement à ces deux exigences : sa réalisation devrait réduire le trafic routier sur une autoroute A9 déjà très encombrée ; elle pourrait relier à grande vitesse, enfin, la France et l’Espagne, la portion Figueras-Perpignan étant actuellement en chantier. L’Etat avait longtemps traîné sur ce dossier. Cette époque serait donc révolue.
Très actif sur ce projet, Georges Frêche, le président divers gauche du conseil régional du Languedoc-Roussillon, n’en demeure pas moins prudent sur l’inscription de la ligne Montpellier-Perpignan. « C’est une belle victoire », commentait-il hier, joint par Midi Libre. Mais il ajoutait aussitôt : « Cela dit, des projets de loi avortés, il y en a eu des masses. Il va donc de soi que ce projet doit être inscrit à l’ordre du jour du prochain comité interministériel d’aménagement du territoire », un CIADT qui devrait se tenir avant l’été. Car, selon Georges Frêche, si le dossier n’était pas inscrit, « le doute reviendrait ». Ce que balaie d’un revers de la main le maire de Perpignan, l’UMP Jean-Paul Alduy. « Jean-Louis Borloo a toujours tenu ses engagements. Ce maillon manquant, il le fera. Le projet sera en tout état de cause intégré dans le prochain CIADT ». La suite dira s’il avait raison.