CastelnauLe jardinier et le mari mis en examen et écroués
DR
Le jardinier avoue l'assassinat de Bernadette Bissonnet contre 30 000 €. Le mari nie avoir commandité le crime.
Le dernier rebondissement de cet étrange et sordide crime de sang s'est joué, hier après-midi, devant le juge d'instruction à Montpellier : Meziane Belkacem, le jardinier du couple, et Jean-Michel Bissonnet, le mari de la victime, ont été mis en examen et placés en détention provisoire (1). Le premier pour assassinat, le second pour complicité d'assassinat. Chacun a maintenu sa version devant le magistrat instructeur, c omme ils l'avaient fait samedi soir lors de leur confrontation dans les locaux de la section de recherches de la gendarmerie (nos précédentes
éditions). Jean-Michel Bissonnet nie être le commanditaire du crime. Selon ses explications, Meziane Belkcem avait demandé de l'argent au couple. Devant son refus, il n'a pas hésité à tuer son épouse par vengeance.
Quant à Meziane Belkacem, âgé de 50 ans et employé comme jardinier de la famille Bissonnet depuis quelques années, il a réitéré s'être conformé, contre 30 000 €, aux ordres du mari de la victime. Il a expliqué que le jour des faits, le 11 mars, ce dernier lui avait remis un double des clés du 4 x 4 de Bernadette Bissonnet, la télécommande du portail de la luxueuse villa de Castelnau-le-Lez (Hérault) et avait caché un fusil de chasse à canon scié chargé près du garage. Après avoir tiré à deux reprises sur l'ancienne pharmacienne de 57 ans, le jardinier est parti au volant du véhicule, qu'il a abandonné deux rues plus loin.
Or, parmi les zones d'ombre qui demeurent, la disparition du fusil et de la télécommande intriguent les enquêteurs. « Belkacem était fasciné par son patron, il a voulu lui faire plaisir, indiquait, hier, Georges Gutierrez, procureur de la République adjoint. Il a dit que, conformément au scénario de Bissonnet, il avait laissé la télécommande sur un meuble dans l'entrée et l'arme sur le sol du 4 x 4. Il est décrit comme une personne fruste, il ne peut pas avoir élaboré un tel scénario tout seul ». Reste que ni la télécommande, ni le fusil n'ayant été retrouvés, une personne au courant du projet serait-elle passée après le meurtre pour effacer les preuves et faire croire à un crime de rôdeur ?
Enfin, quid du mobile ? L'argent ? « Si Jean-Michel Bissonnet est coupable, il n'en a pas besoin, c'est un homme très riche. Et Meziane Belkacem avait tout loisir de voler tout ce qu'il voulait dans la maison et passer la frontière pour retourner en Algérie », insiste le procureur. Pour tenter de trouver des réponses, l'enquête devrait s'orienter vers l'entourage des suspects.
S. H.
(1) Rappelons que toute personne est présumée innocente tant qu'elle n'est pas définitivement condamnée.