MontpellierUn euro d'amende pour un faucheur volontaire
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Un faucheur volontaire de plants OGM a été condamné mardi par le tribunal correctionnel de Montpellier à une amende d'un euro pour avoir refusé de se soumettre à des prélèvements ADN. Une amende ou une suspension de permis de conduire de quatre mois avait été requise à l'audience du 12 février contre M. Libouban, qui encourait une peine d'un mois d'emprisonnement et 15.000 euros d'amende.
"Je n'ai rien à faire sur une liste de criminels de mon pays", avait justifié à l'audience l'initiateur du mouvement des faucheurs volontaires, Jean-Baptiste Libouban, 73 ans, condamné à deux reprises, en 2005, pour des actes de fauchage de plants OGM. Convoqué par
la gendarmerie, il avait refusé de se soumettre à un prélèvement destiné à établir son empreinte génétique. A l'audience, il s'était élevé contre le fichage systématique de la population.
"On a été entendu sur les enjeux", a analysé à l'issue du délibéré Régine Barthélémy, l'avocate du faucheur. Elle a déclaré avoir "plusieurs échos de gens et de jeunes en particulier qui, arrêtés après des manifestations et poursuivis, et à qui on propose après une peine le prélèvement ADN, disent "je n'ai pas les moyens de refuser". Eh bien un euro, oui. Vous avez les moyens de refuser", a déclaré Me Barthélémy.
Lors de l'audience, José Bové, présent en qualité de témoin, avait affirmé qu'il aurait lui aussi refusé un tel prélèvement si la justice le lui avait imposé, "car on est dans une logique de fichage liberticide". Un membre du bureau national du Syndicat de la magistrature (SM), David Le Bas, avait réclamé "une application modérée de la loi du fichier des empreintes génétiques", qui à l'origine était exclusivement destiné à ficher les personnes concernées par les crimes les plus graves, spécialement en matière sexuelle.