En février 2009, Barcelone sera à 50 minutes de Perpignan
Le "centre du monde" est en ébullition ! En totale transformation, pour accueillir la grande vitesse. Celle-ci va permettre de rallier Barcelone, la Catalane, en un rien de temps, par le rail. Selon la terminologie de Réseau ferré de France (RFF), maître d'ouvrage au même titre que la société franco-espagnole TP Ferro (Eiffage, ACS Dragados) : « L'objectif est de mettre en service les installations nécessaires à l'écoulement du trafic fret et TGV le 17 février 2009. » A cette date précise, répondant au contrat de concession, la gare de Perpignan (le "centre du monde") sera à cinquante minutes de la Sagrera, la nouvelle gare TGV qui doit sortir de terre à Barcelone.
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Lorsque le trafic s'effectuera à plein régime, il y aura 24 TGV et 38 trains de fret par jour, entre les deux Catalogne », précise Joseph Giordano, chef de projet à RFF, pour les installations terminales de Perpignan, sur une zone de huit kilomètres, s'étendant de la gare à la ligne nouvelle, à hauteur de Toulouges. Dans ce cadre, RFF a procédé à des acquisitions foncières. « Quatre-vingts propriétaires différents, mais une seule procédure d'expropriation », commente Joseph Giordano.
Pour ces aménagements, permettant la connexion du réseau ferroviaire existant à la ligne à grande vitesse, les investissements s'élèvent à 220 millions d'euros. Outre la création d'un faisceau fret international, une grande partie des travaux concerne le réaménagement de la gare de Perpignan, avec l'ajout d'un quai et de deux voies à quai. L'édifice repensé offrira un accès côté quartier Saint-Assiscle, à l'ouest de la ville. A l'avenir, en plus du TGV, la gare continuera à accueillir la ligne de Port-Bou. Et celle de Villefranche, déposée durant les travaux et remise en service en septembre, après doublement.
Si les installations terminales de Perpignan signifient 220 millions d'euros d'investissement, le coût total de la section internationale (45 km entre Perpignan et Figueras, dont 8 km de tunnel pour franchir les Pyrénées) avoisinera le milliard d'euros. Où en est-on ? Côté espagnol, 65 % des viaducs ont déjà été construits. Côté français, 50 % des ouvrages d'art ont été réalisés.
En février 2009, à l'heure où le problème d'écartement des voies appartiendra au passé, Perpignan sera donc à 50 minutes de Barcelone, au lieu de 2 h 30 actuellement.
Il faut voir plus loin encore : la grande vitesse va placer Perpignan à... 3 heures de Madrid et à 6 heures de Séville.
Dans l'axe nord-sud, le chaînon manquant restera Montpellier-Perpignan, un trajet parcouru à ce jour en 1 h 30 en train ! La grande vitesse y est prévue pour 2020, si tant est que le débat public ne retarde plus encore l'échéance. Rien d'impossible : il suffit de considérer les atermoiements autour de la ligne électrique à très haute tension entre la France et l'Espagne (THT) pour s'apercevoir que tout projet peut voler en éclat. D'ici l'échéance envisagée, en terme de réflexion territoriale, la donne ne sera peut-être plus la même. Et si Perpignan devenait la grande banlieue de Barcelone ?