contenu

Page de démarrage Ajouter aux Favoris Flux RSS
Édition du lundi 19 septembre 2005

Un royaume wisigoth qui s'appelait Septimanie

On connaît ses classiques, que diable : Vercingétorix défiant César ; toute la Gaule est occupée. Toute ? Non... Et ainsi de suite.Evidemment, on oublie un peu vite qu'en l'an 50 avant Jésus-Christ, quand César lançait ses légions vers la Gaule, nous étions, nous, paisiblement romains depuis déjà quelques lustres. A nous thermes, aqueducs, via Domitia. Et que les Gaulois chevelus d'outre-Massif Central se débrouillent avec le grand Jules...

Mais les instituteurs de la IIIe République ont si bien fait leur travail qu'ainsi va le mythe : Gaulois d'abord, Gallo-Romains ensuite. C'est simple et clair. Alors que viennent faire, à ce festin d'histoire, les Septimaniens, invités si tapageurs qu'on n'entend plus qu'eux ?



D'abord il faut le (re)dire
: leur apparition n'est pas usurpée. Il y eut bien, à partir du VIe siècle, lorsque l'Empire romain partit en morceaux, un royaume wisigoth appelé Septimanie et appuyé - d'où son nom - sur sept évêchés érigés en circonscriptions administratives : Elne, Narbonne, Carcassonne, Béziers, Agde, Maguelone et Nîmes. Toute la région est donc bien là, des Pyrénées aux Cévennes, et les seuls qui pourraient se sentir exclus sont ceux qu'on entend le moins dans la cacophonie du débat historico-politique : les Lozériens, à l'époque déjà largement sous la botte franque.

Cette réalité historique, plus personne ne la conteste : des livres nombreux en attestent (1) et Emmanuel Leroy- Ladurie, référence suprême de l'histoire languedocienne, est même venu cet été à Montpellier lui donner un cachet d'authenticité.

Bien entendu, on pourra toujours argumenter sur la brièveté de la période : deux siècles à peine. On pourra toujours faire la fine bouche devant cette langue de terre, simple excroissance extra-pyrénéenne du royaume wisigoth de Tolède. Mais enfin, le mot Septimanie n'est pas creux et recouvrit même, chose rare à l'époque, une oasis de relative tolérance dans l'Empire démembré. Les Wisigoths n'étaient pas des Ostrogoths.

Quant à savoir comment et pourquoi il a germé dans la tête de Georges Frêche, la chose est plus malaisée. On notera pour l'anecdote qu'il y eut avant guerre une revue Septimanie auquel le pétainisme ne fit pas peur. On relèvera malicieusement qu'il existait sous ce titre une autre revue, de grande qualité, éditée par le Centre régional des Lettres du temps de Jacques Blanc et que Georges Frêche trancha à la hache... Ces antécédents auraient pu détourner le nouveau président de Région de récupérer le vocable. Mais non. Peut-être observait-il depuis longtemps les efforts d'un de ses collègues de la faculté de droit, le professeur narbonnais Jacques Michaud, pour draper la vieille cité audoise d'une gloire nouvelle. Chantre de la Septimanie avant qu'elle ne figure sur les papiers à en-tête de la Région, le Pr Michaud y voyait un lien politico-religieux avec la Rome des Césars comme avec celle des papes.

Aujourd'hui, le professeur ne veut plus parler de cet enfant qu'il estime dénaturé par la politique de bas étage. Et Georges Frêche se défend d'avoir prêté l'oreille à un collègue qui ne passe pas pour un homme de gauche enragé : le Pr Michaud, commandeur de l'Ordre vatican de Grégoire le Grand, ne dédaignait pas, jadis, se proclamer royaliste. Respectons donc le mystère du choix septimanien. Homme d'Histoire, Georges Frêche pouvait-il d'ailleurs choisir autre chose ? Etait-il pensable qu'il appelât la région « la Narbonnaise » en référence à la province romaine qui, elle, dura bien plus longtemps ? C'était faire bien de l'honneur à une ville (de droite qui plus est). Il aurait pu choisir quelque chose comme Terre de Tautavel, ancêtre qui a l'avantage de surclasser tout le monde en ancienneté mais, même catalan, notre homme était d'un raffinement assez relatif. Bref, il restait Septimanie. Avec les résultats que l'on sait.

J. VILACEQUE

(1) Un des derniers en date est l'ouvrage d'André Bonnery, "La Septimanie au regard de l'Histoire" (Ed. Loubatières).


Envoyer Imprimer si besoin Agrandir le texte Réduire le texte

réagissez à cet article






Dans la meme rubrique



Recherche :

EVENEMENTS

Hérault : les habitants de Fabrègues disent non au projet de décharge

Bras de fer : le Rockstore va-t-il quitter le centre-ville de Montpellier ?

Bras de fer : le Rockstore va-t-il quitter le centre-ville de Montpellier ?

Sondage : Quel est, à vos yeux, le sportif régional qui a marqué l'année 2008 ?

 Frédérick Bousquet (Natation, Canet)
 Gaëlle Skrela (Basket, Montpellier-Lattes)
 Mickaël Guigou, Joël Abati, Cédric Burdet, Daouda Karaboué (Handball, Montpellier)
 Louis Picamoles (Rugby, Montpellier)
 Julien Da Costa (Moto, Béziers)
 Arnaud Jouffroy (Cyclo-cross, Agde)
 Romain Dumas (Auto, Alès)
 Fanny Bertrand et Damien Ménella (Mauguio, Tennis de table)
 Laurent Pellecuer (Voile, Montpellier)
 Valérian Sauveplane (Millau, Carabine)

la question du jour
Doit-on légaliser l'euthanasie ?

 Oui
 Non
 Sans opinion

DESSIN DU JOUR
A DECOUVRIR

dernieres depeches

cinema
services
videos
CONCOURS
BLOGS DE LA REDACTION
BLOGS DES INVITES
resultats et calendriers sportifs
temps forts
votre journal en pdf
Articles les plus lus
edito
Nuage de tags
Recette du jour
bons plans
Recherche commune


Recherche sport


SUPPLEMENTS
A commander en ligne !
A commander en ligne !
DE VOUS A NOUS

LES SITES DU GROUPE