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Édition du lundi 19 septembre 2005

Septimanie : Christian Bourquin dénonce les manipulations

Perpignan brûle, Jean-Paul Alduy attaque la presse, la Septimanie enflamme le département et vous, Monsieur Bourquin, vous accusez la presse de faire campagne.

Je ne crois pas qu'il y ait de sujet qui fâche et je suis très à l'aise avec la presse. Vous me parlez des événements du 29 mai et je regrette qu'il n'y ait pas eu un véritable débat de fond sur le problème de Perpignan.
En ce qui concerne la Septimanie, je dois dire que les gens de droite ont intelligemment exploité cette affaire, comme pour mieux faire oublier les problèmes de notre département (TGV, aéroport, THT, chômage). S'il faut aborder le vrai débat, je suis très clair : il n'a jamais été question de changer le nom de la Région.

Mais Georges Frêche, le président de la Région, a quand même laissé
le sentiment qu'il voulait opérer ce changement.


Ecoutez. Lui, c'est lui, moi c'est moi. Je n'ai pas à défendre Georges Frêche et il est assez grand pour cela. Mais j'ai cru comprendre, de sa bouche, qu'il n'était pas question non plus pour lui de changer le nom de la Région. C'est pour cela que je le redis avec force, il s'agit d'un faux débat mené par le personnel politique de droite.

Vous n'avez pas l'impression d'être en porte à faux sur ce dossier, par rapport à ce que pense une grande majorité de la population ?

N'essayez pas de m'opposer à la population car je représente la majorité des habitants de ce département ! Je tiens d'ailleurs à vous faire remarquer que j'ai été élu pour un changement de politique, pas un changement de nom. Et puis, la catalanité, elle ne se décrète pas, elle se forge. Mes opposants me font penser à un poulpe qui jette de l'encre et qui s'enfuit face à ses responsabilités, aux vrais dossiers. Quand je vois la portée des attaques de mes adversaires, je m'esclaffe...

On a quand même l'impression que votre silence sur ce dossier ressemble fort à un malaise. Vous avez évoqué la Septimanie lors de vos visites cantonales mais depuis quelques semaines, plus rien ou presque...

Vous faites bien de préciser que le sujet a été évoqué lors de mes visites cantonales. Je n'ai jamais eu de souci sur cette question et me suis toujours expliqué lorsque j'étais interpellé sur ce thème en développant les arguments que je viens d'évoquer.
La Septimanie a également été évoquée dans les réunions de l'assemblée départementale Après, c'est vrai, au mois d'août, j'ai pris 18 jours de vacances mais je ne pense pas que cela ait posé un problème. Je n'avais pas à répondre aux impératifs de quelques élus de droite.

Irez-vous à la manifestation anti-Septimanie, le 8 octobre prochain ?

Moi, j'irai à celle du 4 octobre, celle qui placera dans la rue le peuple qui manifestera contre la vie chère, les médicaments qui ne sont pas remboursés, le pouvoir d'achat qui est ici le plus faible de France, bref tous les problèmes quotidiens des Catalans. Ça, c'est le débat qui m'intéresse.

Et le 8 octobre alors ?

Le 8 octobre, n'est pas un rendez-vous pour moi. Les appels de MM. Bècque, Blanc, Alduy ou Roure, c'est-à-dire de la droite à manifester, ne m'intéressent pas.

On vous entend dire désormais que le mot Septimanie est une marque susceptible d'être exportée commercialement !

Oui. Et je vais vous dire pourquoi. Nous sommes dans une région de deux millions et demi d'habitants et je pense qu'il est important pour nous d'avoir une notion de marque. Pendant que nous donnons la possibilité à des filières de s'exporter, la droite a supprimé les crédits à l'exportation pour la filière viticole. Résultat : en Angleterre, nous avons disparu de la circulation au profit des vins du nouveau monde. Il nous faut donc un changement de cap et un nouveau nom. Voilà pourquoi il faut mettre l'accent sur cette marque commerciale.

Mais la filière viticole avait déjà trouvé un consensus autour de la marque commerciale "Vins du Sud". Pourquoi encore changer ?

Parce qu'il faut nous réunir autour d'une idée de marque. Aujourd'hui, le problème de la viticulture ne provient pas de la production, mais de la vente. C'est pourquoi nous offrons cette possibilité à cette filière, comme à toutes les autres. Quoi de plus normal !

Le 8 octobre, il peut y avoir cinq cents personnes à la manifestation ou dix mille. Forcément, en fonction du nombre, il y aura des conclusions à tirer. Qu'en pensez-vous ?

Je ne me fais pas de souci pour la droite qui a la possibilité de mobiliser du monde, mais je ne veux pas que l'on tombe dans le débat identitaire. Quand j'entends nos opposants employer le mot de "tueur", je leur dis qu'ils se trompent de débat.

Christian Blanc, maire des Angles et conseiller général, a pris cet été la tête de la contestation, portant haut le flambeau de l'anti-Septimanie. Vous l'avez dans le collimateur ?

Christian Blanc ne dirige pas le débat politique dans ce département. Et la campagne de publicité menée s'est caractérisée par sa vulgarité. Personnellement, croyez-moi, j'ai une autre représentation du Catalan : un Catalan fier, debout, allant de l'avant Et surtout pas dans la position représentée. Christian Blanc a peut-être des ambitions politiques mais je pense qu'il y a d'autres moyens que ceux qui ont été employés pour les faire aboutir...

Propos recueillis par Yann Marec et Thomas Hirsch


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