L'avait-il dorlotée son idée... L'avait-il peaufinée, choyée, mûrie en son sein tout au long d'une campagne électorale où il l'annonçait meeting après meeting: la région allait enfin trouver son identité. Par la magie d'un nom, d'un seul, qu'il ne dévoilait pas en public mais gardait pour la bonne bouche d'après élection... Lorsque Georges Frêche annonça que le Languedoc-Roussillon pourrait devenir Septimanie, ce fut au mieux une incompréhension rigolarde, au pire un ramdam de tous les diables. Qu'avait-on à faire, embouchèrent les opposants, de ce royaume wisigoth de l'an 500? Languedociens tant qu'on voulait, Catalans naturellement, mais Septimaniens, non. Très vite la fronde s'organisa: quelques producteurs consentirent bien à apposer sur leur miel, sur leurs fruits la griffe du soleil
mais les viticulteurs firent savoir que de Septimanie ils n'avaient que faire. C'était déjà ennuyeux mais le pire restait à venir. Car depuis les Pyrénées- Orientales monta une vraie clameur. Qu'était-ce donc que cette appellation qui ne tenait aucun compte de l'histoire catalane? Pétitions, âne masqué comme Zorro sur les marchés, embarras de la gauche catalane, tout alla de mal en pis pour Georges Frêche. L'enquête de Midi Libre en septembre porta la dernière estocade: nos lecteurs par centaines ne voulaient pas en entendre parler. Aujourd'hui l'idée - qui a coûté 2,4M€ - est enterrée. Elle le sera joyeusement avec une manifestation de victoire samedi à Perpignan<.