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Édition du lundi 19 septembre 2005

Le contribuable va-t-il payer le nom Septimanie ?

La région est prête à débourser pour gagner ce nom. Septimanie par-ci, Septimanie par-là. Pour le coup, les Wisigoths ont solidement été remis en selle. A coups de brillants exposés et par panneaux entiers. Une piqûre de rappel historique et radicale qui peinait déjà à faire l'unanimité.

Seulement voilà l'appellation "Septimanie" a été déposée par les vignerons du Val d'Orbieu auprès de l'INPI (Institut national de la propriété industrielle) depuis le 26 juin 1978. Dommage pour la région qui ne semblait pas être au courant. Désormais, il va donc falloir payer pour conquérir définitivement la Septimanie.

Convaincu du bien-fondé de cette transmutation, Georges Frêche s'est immédiatement engagé dans des négociations financières. Pas question en revanche pour le Val d'Orbieu de céder
la marque pour l'euro symbolique. Tout se vend, tout s'achète et tout se négocie. Mais pour l'heure, c'est le silence qui reste d'or. Après des annonces à 300 000 €, 600 000 € et 1,5 M€, la dernière rumeur est évaluée à 2,5 M€.

Pour le vice-président du conseil régional Christian Bourquin qui avoue ne pas connaître le dossier en profondeur, « le fait d'aider indirectement la viticulture n'est pas gênant sachant qu'il y a tout de même une limite financière qu'il ne faudrait pas dépasser ». A propos de limite, elle est pour beaucoup déjà largement dépassée.

Pour le député UMP Daniel Mach, « cette idée de payer pour obtenir le nom de Septimanie est un caprice de personne âgée qui veut se donner raison. Il faut que Georges Frêche entende qu'il y a une opposition totale à ce nom. Il pourra payer qui il voudra, il n'y arrivera pas ». Indemniser le Val d'Orbieu avec l'argent du contribuable. C'est bien là que le bât blesse. « On a atteint le summum du ridicule. Evidemment, quand on augmente les impôts de 80 %, on n'est plus à un gaspillage près ! »

Et le maire sénateur Jean-Paul Alduy de souligner qu'« aucune des Républiques précédentes n'avait osé faire ce genre de chose. » Caprice pour les uns, gâchis pour les autres, scandale pour le Bloc Català. Les critiques fusent et refusent de s'user. La conseillère régionale communiste Colette Tignères tempère quant à elle la manoeuvre : « C'est vrai, il est prématuré de s'engager dans ce type de frais alors que les finances sont en difficulté et tant que l'appellation ne sera pas partagée par tous. S'il y a d'abord débat puis adhésion volontaire de tous les secteurs économiques, alors seulement le dédommagement sera justifié. »

Beaucoup moins tendre, l'UDF Pierre Becque : « Tant mieux pour le groupe de vignerons, tant pis pour les contribuables. Jamais personne n'a été consulté au sujet de la Septimanie. C'est un non-sens, un gadget pour amuser la galerie. Le contribuable devra non seulement payer aux vignerons mais l'effort financier en matière de communication pour rendre ce nom familier sera encore plus colossal que cela. » Vu sous cet angle, l'avenir de la Septimanie pèse lourd. L'opinion et la loi suivront.

S. C. (18.03.2005)


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